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Cérémonie du 8 mai

Publié le

Allocution de M. François-Xavier PRIOLLAUD

Maire de Louviers
Lundi 8 mai 2017

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Nous commémorons aujourd’hui le 72e anniversaire de la capitulation allemande qui mit fin à la seconde guerre mondiale en Europe.

Contrairement à ce qu’indique le calendrier officiel, le premier acte de la capitulation allemande fut en réalité signé la veille à Reims, le 7 mai, dans le plus grand secret à 2h41 du matin dans le Quartier général des Forces alliées.

Et c’est le lendemain que le Général de Gaulle prononce à la radio ces mots libérateurs : "La guerre est gagnée. Voici la victoire. C’est la victoire des Nations unies et c’est la victoire de la France".

L’Allemagne nazie a capitulé ; enfin ! Mais à quel prix ?

La seconde guerre mondiale restera dans nos mémoires comme un traumatisme absolu qui aura montré le pire de l’humanité. Ce ne fut pas seulement une guerre ; ce fut une tentative – heureusement seulement une tentative – de démolition méthodique d’une civilisation.

Ce fut l’incarnation du mal.
Ce fut la mise à mort de la liberté.
Ce fut la cruauté absolue, un désastre humain et un naufrage démocratique.

Si l’on prend en compte l’ensemble des fronts, la seconde guerre mondiale entraîna la mort de 60 à 80 millions de personnes, soit 2,5% de la population mondiale de l’époque. Ce furent aussi des millions de blessés, 30 millions d’Européens déplacés en raison des changements de frontières, surtout en Europe orientale.

Ce conflit fut le plus coûteux en vies humaines de toute l'histoire de l'humanité et le nombre de victimes civiles fut supérieur à celui des victimes militaires.

Mesdames et Messieurs,

La guerre a eu beau être finie que les plaies sont restées béantes. Des familles décimées ; des enfants orphelins et des noms gravés pour toujours en lettres d’or sur nos monuments aux morts.

Aussi, nous sommes réunis ce matin pour nous souvenir de ces millions de femmes et d’hommes fauchés dans leur vie, de ces enfants devenus des adultes trop vite, de ces êtres humains anéantis dans les camps d’extermination, martyrisés, torturés dans les caves de la Gestapo, mutilés, fusillés, assassinés.

Le 8 mai est une journée de recueillement, en mémoire de ceux qui ont combattu hier pour notre liberté d’aujourd’hui.

C’est une journée de recueillement en souvenir de ceux qui ont porté haut et fort les valeurs fondamentales qui font de nous des êtres civilisés et non des barbares. Ces valeurs qui ne se nourrissent non pas de discours et de postures, mais de courage et d’actes.

Pierre Brossolette, l’une des grandes figures de la Résistance et dont les cendres ont récemment été transférées au Panthéon disait ceci : "Ce que nos morts attendent de nous, ce n’est pas un sanglot, mais un élan".

Il y eut d’abord l’élan de la Résistance, au cœur de la guerre. Cet élan, celui du Général de Gaulle, c’est lui qui permit de maintenir allumée la petite flamme de la liberté.

Cet élan, ce fut le triomphe de la volonté sur le renoncement. Ce fut la marque de l’honneur sur le doute et sur l’hésitation.

La guerre terminée, l’élan fut celui de la reconstruction. En Normandie, et ici à Louviers, nous savons de quoi nous parlons. Notre ville porte aujourd’hui encore les stigmates de la seconde guerre mondiale. Avec près de 700 bâtiments détruits, Louviers offra le spectacle de désolation d’une ville en ruine.

L’élan fut celui de la restauration d’une France libre, d’une France solidaire et qu’il a fallu rassembler. Nous avons su hier nous rassembler. Œuvrons ensemble à conserver notre capacité à nous rassembler, aujourd’hui et demain, dans l’intérêt de la France.

L’élan fut aussi, et bien sûr, celui de la construction européenne et de la réconciliation franco-allemande. Aller de l’avant pour inventer un avenir dans l’union des Etats et des peuples. Ce fut l’élan de la paix ; l’élan du progrès ; l’élan de la jeunesse.

Mais cet élan de l’après-guerre, il est aujourd’hui comme à bout de souffle. Les vieux démons nous guettent et se préparent à resurgir à tout moment. Les populismes et les nationalismes ont le vent en poupe.

Comment retrouver cet élan qui a fait tomber des murs ? Comment retrouver cet élan qui a propagé un vent de liberté sur notre continent ?
Comment retrouver cet élan qui a su redonner confiance à toute une génération ?
Comment redonner à cet élan l’énergie et la vigueur nécessaires pour affronter le tumulte du monde actuel ?

Mesdames et Messieurs,

Par ces temps troublés, ne laissons pas l’essentiel nous échapper. Par ces temps troublés, ne nous trompons pas de résistance.

Nous sommes à la croisée des chemins. Le terrorisme cherche à détruire notre modèle de société en distillant insidieusement le poison de la guerre civile. Le populisme attise les peurs et les haines.

L’enjeu pour la France, notre patrie, c’est de rester fidèle à ses valeurs, quoi qu’il arrive.
La vraie résistance, ce n’est pas la fausse insoumission.
La vraie résistance, c’est la fidélité à la République.

Aussi, la meilleure façon d’honorer la mémoire d’une génération sacrifiée, c’est de guider nos actions à la lumière d’un passé que nous ne voulons pas voir se reproduire. C’est cela qu’on appelle le devoir de mémoire. Pas une mémoire passive, mais bel et bien une mémoire active, une mémoire intelligente qui redonne confiance dans l’avenir.

Vive la paix !
Vive l’entente franco-allemande !
Vive l’Europe !
Vive la République et Vive la France !

Décoration lors de la cérémonie du 8 mai 1945