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Libération de Louviers

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73e anniversaire de la Libération de Louviers

Représentants des associations d'anciens combattants, Lovériens, élus et officiels ont commémoré le 73e anniversaire de la Libération de Louviers, vendredi 25 août 2017. Retrouvez l'allocution du maire de Louviers, François-Xavier Priollaud.

Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’Associations patriotiques,
Mesdames et Messieurs les Porte-Drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui au square Albert 1er pour commémorer le 73e anniversaire de la Libération de Louviers. Ce 25 août 1944 au matin – c’était un vendredi, comme aujourd’hui – les colonnes blindées alliées entrent dans la ville. Après quatre années d’occupation, les Lovériens qui étaient restés découvrent avec soulagement les visages bienveillants des libérateurs américains et canadiens, accueillis en héros dans les rues de Louviers.
Ce dénouement heureux était pourtant loin d’être écrit à l’avance quand deux-mois et demi plus tôt, le 6 juin 1944, pas moins de 132 000 soldats alliés débarquèrent en Normandie, point de départ de la libération de l’Europe occidentale du joug nazi.
Car si l’on évoque toujours le débarquement en Normandie, on se souvient moins souvent des combats qui ont suivi : je veux parler de la bataille de Normandie qui constitua l’un des affrontements les plus sanglants de la seconde guerre mondiale, au même titre que Stalingrad. A son apogée, ce sont en effet deux millions d’hommes qui s’affrontent, soit à peu près autant que sur les rives de la Volga.  
La longue bataille en Normandie a porté un coup sévère aux forces allemandes à l'Ouest, permettant ainsi la rapide libération de la France, obtenue pour l'essentiel avec sept à huit mois d'avance. Alors, vous me permettrez de rendre ici hommage à la contribution des Normands à la Libération. Car la Résistance normande a joué un rôle décisif, notamment en sabotant les voies ferrées et les lignes téléphoniques ennemies.
La bataille de Normandie laissera toutefois derrière elle une région dévastée.  A la fin de l’été 1944, notre région est meurtrie comme aucune autre par l’intensité des combats et la mort de 20 000 de ses habitants.
Ici même, à Louviers, le soir même de la libération, un ultime bombardement vint de nouveau endeuiller la cité, tuant six personnes place du Champ de ville et en blessant d’autres.

Mesdames et Messieurs,

Derrière la « grande Histoire », celle des batailles, il y a aussi une multitude d’histoires personnelles qui recèlent souvent des comportements d’exception. Je pense en particulier à Auguste Fromentin qui imprima dans la clandestinité le « Patriote de l’Eure » et d’innombrables tracts tandis que d’autres participaient à des réseaux de résistance. Plusieurs habitants de notre ville furent déportés et neuf payèrent de leur vie leur comportement héroïque.
Commémorer la Libération de Louviers, c’est donc aussi rendre hommage aux nombreux Lovériens dont les actions seront rappelées le 26 juin 1949, ce jour où la ville est décorée de la Croix de Guerre.
Qu’hommage soit ainsi rendu à tous ceux, civils et militaires, nos libérateurs bien sûr, mais aussi à tous les soldats, à tous les résistants et aux déportés qui ont contribué à la libération de la France.

Mesdames et Messieurs,

Vous êtes plusieurs dans l’assistance à avoir vécu ce 25 août 1944 à Louviers.
Vous êtes plusieurs dans l’assistance à vous  remémorer cette patrouille américaine de reconnaissance qui arriva la première dans notre Cité. Elle passa par l’hôtel de ville et poursuivit rapidement sa route. Elle fut suivie par la 4ème Division Blindée Canadienne arrivant tout droit de La Haye Malherbe. Ce peloton resta quelques heures à Louviers et poursuivit sa route vers Pont de l’Arche où se déroulèrent de sanglants combats en bordure de Seine, ainsi qu’en lisière de la forêt de Bord.
Au cours de l’après-midi du 25 août d’autres unités de la 30ème Division US arrivèrent par l’avenue du Maréchal Leclerc, à l’époque route du Neubourg. Elles traversèrent rapidement la ville pour rejoindre elles aussi la Seine.
Le 26 août les patrouilles de l’Escadron C du 15ème Régiment Ecossais de reconnaissance appartenant à la 15ème Division d’Infanterie Ecossaise du 12ème Corps Britannique arrivèrent à Louviers.
Notre ville est alors définitivement libérée et accueillera quelques jours plus tard son ancien Maire, ainsi que le Général de Gaulle.

Mesdames et Messieurs,

Ces souvenirs, vos souvenirs, viennent donner corps à ce que l’on a coutume d’appeler le « devoir de mémoire ». Je n’aime plus tellement cette expression tant elle est souvent galvaudée ; tant elle est régulièrement utilisée comme un automatisme pour se donner bonne conscience en oubliant le sens des mots. Je n’aime pas cette expression car elle place la mémoire collective au rang des contraintes. Au « devoir de mémoire », Simone Veil, qui nous a quittés au début de l’été, préférait à juste titre le « travail de mémoire » ; car celui-ci appelle à l’éducation, à l’information et à la réflexion en particulier des jeunes générations. Voilà ce qui doit nous nous animer et nous guider.
Car de notre histoire commune, nous devons retenir une incitation à ne jamais dévier de la voie du progrès. Et parce que nous sommes normands, il nous appartient, plus encore qu’à d’autres, de ne pas négliger le patrimoine historique qui nous a été légué et dont nous sommes collectivement dépositaires.
Je veux parler aussi bien du patrimoine de la libération que du patrimoine de reconstruction.
D’abord, le patrimoine de la Libération et à travers lui les valeurs de paix et de liberté que symbolisent si justement les plages du débarquement. Voilà une dizaine d’années maintenant que la Normandie porte le projet de leur inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Chaque année, plus de deux millions de visiteurs du monde entier se rendent sur les plages de Normandie pour célébrer, dans ce véritable musée à ciel ouvert, la mémoire des combattants de la liberté. J’ai l’honneur de porter ce dossier au nom du président de la Région pour obtenir une reconnaissance par l’Unesco en 2019, à l’occasion du 75e anniversaire du débarquement. Je crois pouvoir dire que nous pouvons désormais être raisonnablement confiants quant à l’issue positive de notre démarche.
Faire vivre le patrimoine de la Libération, c’est aussi l’ambition du programme « Normandie pour la Paix » que j’ai proposé à la Région et qui va se concrétiser, dès juin prochain, par la 1ere édition du Forum mondial pour la paix. A l’instar du Forum de Davos sur les sujets économiques, la Normandie veut et peut devenir ce territoire où l’on vient du monde entier pour débattre de géopolitique, de sécurité internationale et de paix. Je vous donne donc rendez-vous du 6 au 9 juin prochains à Caen pour la 1ère édition de ce forum mondial.

Mesdames et Messieurs,

Je vous ai parlé du patrimoine de la Libération. Je voudrais en conclusion vous parler du patrimoine de la reconstruction, qui concerne nombre de villes normandes et en particulier la nôtre. La génération de la Libération fut aussi une génération de bâtisseurs.
A la suite des bombardements allemands du 10 juin 1940 la majeure partie du centre-ville a été détruite.  Une ville neuve est ainsi apparue au cœur d’un tissu urbain ancien. Les maisons à pan de bois ont cédé la place à des constructions plus saines et dotées des éléments de confort de l’époque. Malgré l’urgence pour reloger les habitants sinistrés, les architectes ont cherché à soigner ce nouvel habitat tant sur le plan de la forme que des matériaux employés.
Aujourd’hui, bien que la qualité du geste architectural demeure, ce tissu urbain a beaucoup vieilli et, à l’instar de beaucoup de villes moyennes de la Reconstruction, l’habitat ne correspond plus aux attentes des habitants ni aux normes environnementales.
Dans le cadre d’un appel à projet lancé par la Région Normandie, la municipalité va ainsi proposer, parmi d’autres actions, la réalisation d’une exposition au Musée de Louviers, pour sensibiliser au patrimoine architectural de la reconstruction de la ville et définir les grandes orientations d’un urbanisme renouvelé en centre-ville.
Prévue pour l’automne 2018 cette exposition sera participative au sens où elle associera les habitants, le tissu associatif et culturel, mais également les différents acteurs liés à la construction. Elle permettra ainsi de recueillir les idées et les avis de tous, et mettra en lumière l’évolution de l’urbanisme et de l’architecture de la ville, du Louviers d’hier, à la ville de demain.

Mesdames et Messieurs,

Le calendrier est jalonné de commémorations. Prenons garde à ne pas perdre le sens de ces moments de recueillement. Aux réflexes préférons la réflexion pour que progresse notre travail de mémoire. Les grandes dates sont nos repères et une forme de boussole. Comme l’a si bien écrit Victor Hugo, « les souvenirs sont nos forces. Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates, comme on allume des flambeaux ».
Je vous remercie.