En 1440 les Anglais tentent de s'emparer par surprise de la ville
de Louviers.
D'accord sans doute avec quelques habitants, ils s'approchèrent
des remparts
à peine reconstruits et les escaladèrent.
Louis de Bigard, seigneur de la Londe et de la Salle du bois, et capitaine
d'une
des compagnies de gens d'armes, les laissa s'installer dans le grand
cimetière
et la chapelle Saint André où il put facilement les
faire prisonniers. Puis étant
sorti par la porte du Neubourg vers les champs, il attaqua ceux qui
étaient restés
dehors et les mit en déroute.
Le combat dut être sanglant car le terrain sur lequel il eut
lieu, prit le nom de
rue Massacre. Deux croix furent érigées aux pieds desquelles
furent enterrés ceux
qui avaient péri, anglais et bourgeois.
L'une de ces croix était placée à l'embranchement
des routes du Neubourg et de
Saint Lubin, à l'endroit où est aujourd'hui l'école
maternelle. L'autre était située
à l'embranchement de la rue de Beaulieu et la rue de la Haye
le Comte. L'une et l'autre
furent renversées pendant la période révolutionnaire.
La première, la grande Croix de Beaulieu disparut complètement.
Trois fragments sont conservés dans les réserves du
musée.
En 1806, la seconde, la petite Croix de Beaulieu, fut réparée
par deux maçons habitants
du quartier Messieurs Heurtematte et Selle.
Dans les années 1840, la Croix s'écroula une nouvelle
fois.
En 1851 des habitants du Faubourg Beaulieu organisèrent une
souscription pour
le rétablissement de la Croix à laquelle s'associa le
Conseil Municipal qui désigna
Monsieur Barthélemy, architecte pour les plans (Monsieur Barthélemy
architecte de l'évêché
dirigea la construction de la chapelle de l'hôpital entre 1873
et 1875).
En dégageant le socle de l'ancienne Croix, on découvrit
dans une cavité des fragments
de crane et une assez grande quantité d'ossements humains ainsi
qu'une pièce de monnaie
à l'effigie d'Henri III datée de 1585.
La nouvelle croix fut bénie par Monseigneur l'évêque
d'Evreux en présence des autorités
civiles et militaires le 18 septembre 1851.
Elle fut renversée le 10 janvier 1946 par un camion américain
qui traversant la ville à vive
allure et empruntant la rue de la laiterie, termina sa course folle
dans l'Eure ,
écrasant la passerelle provisoire en bois.