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Journée Nationale du souvenir

Publié le

Allocution de M. François-Xavier PRIOLLAUD

Maire de Louviers
Dimanche 30 avril 2017

Madame la Vice-présidente du Conseil départemental,
Monsieur le Conseiller départemental,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs représentant les Autorités civiles et militaires,
Madame et Messieurs les Présidents d’associations patriotiques,
Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs,

Le dernier dimanche d’avril est chaque année dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d’extermination nazis lors de la seconde guerre mondiale.

Tout dans la déportation appelle d’abord le silence. Le silence parce que les mots manquent. Ce silence longtemps gardé par les rescapés ; le silence du souvenir.

Ce silence qui succède aux bruits de la mort, ce bruit des convois qui transportaient des femmes et des hommes comme on transporte du bétail. Aujourd’hui encore les rescapés ont gravé dans leur mémoire des bruits indélébiles comme des tâches dont on ne se débarrasse jamais.

La Shoah, ce fut l’extermination systématique par l’Allemagne nazie de près de 6 millions de juifs, soit les deux tiers des juifs d’Europe et environ 40% des juifs du monde lors de la seconde guerre mondiale.

La déportation a également concerné des Tsiganes, des résistants, des opposants politiques et des homosexuels.

Nous sommes rassemblés ce matin en souvenir de ces millions de déportés morts en parias, condamnés à une fin atroce, sans autre sépulture que nos mémoires.

L’enfer des camps de concentration fera dire à Jorge Semprun, déporté à Buchenwald : "Nous ne sommes pas des rescapés, mais des revenants".

La libération des camps dura quatre mois, quatre longs mois de janvier à mai 1945. Pour beaucoup de déportés, cette période fut la plus difficile. Car devant l’avancée des armées alliées, les nazis ordonnèrent l’évacuation de la plupart des camps, lançant sur les routes des milliers de personnes affamées et affaiblies. Ce sont ces "marches de la mort" au cours desquelles nombreux sont celles et ceux qui périrent d’épuisement ou alors furent exécutés parce qu’ils ne pouvaient plus avancer.

Jean-Pierre Duvéré

Mesdames et Messieurs,

Rendre hommage aux victimes et aux héros de la déportation, c’est revenir sur les années les plus sombres de notre Histoire.

Quelle folie a donc pu conduire des êtres humains à infliger cela à d’autres êtres humains ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour empêcher de commettre l’irréparable ?

Il aura fallu l’Holocauste pour réveiller les consciences. L’après-guerre est le temps de la reconstruction : la reconstruction physique bien sûr, la reconstruction morale évidemment mais aussi la reconstruction juridique.

Un droit international protecteur se met progressivement en place. Avec les Nations Unies, avec le Conseil de l’Europe, avec la Communauté européenne. De nouveaux concepts juridiques apparaissent comme les crimes contre l’Humanité qui resteront désormais à jamais des crimes imprescriptibles.

Après la barbarie, c’est la revanche du droit. La construction européenne, c’est justement la victoire du droit sur la force. L’Europe devient ainsi le seul exemple dans l’Histoire de l’Humanité d’une union d’Etats et de peuples fondée sur le droit et sur la volonté, plutôt que sur la force et la contrainte. Le monde entier nous envie cette expérience.

La revanche du droit c’est l’affirmation des libertés.
La revanche du droit, c’est la garantie des principes fondamentaux attachés à la personne.
La revanche du droit, c’est tout simplement le chemin du progrès.

Anciens Combattants

Mesdames et Messieurs

Ce chemin du progrès, il n’est pas un long fleuve tranquille.
Le chemin du progrès, il est semé d’embuches.

Nous traversons des temps troublés. Le monde traverse des temps troublés. L’Europe traverse des temps troublés. La France traverse des temps troublés.

Nous avons une dette à l’égard des héros et des victimes de la déportation. Notre dette c’est de rester les gardiens du progrès. Ce qui s’est construit au lendemain de l’Holocauste n’est pas immuable. Chaque jour qui passe, l’actualité nous montre combien les repères s’effacent petit à petit et combien les digues sont en train de tomber les unes après les autres.

Il y a de la colère ; il faut l’entendre.
Il y a de l’impatience ; il faut la comprendre.
Il y a de désespérance, il faut y répondre.

Mais nous devons y répondre par la raison. La réflexion doit l’emporter sur les réflexes car la colère, aussi légitime soit-elle, ne doit pas nous conduire à des choix dramatiques.

Vive la République, Vive l’Europe et Vive la France !